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Projets & Initiatives

Makan Traoré, jeune maraîcher à Bamako

Hadiaratou TOGO 29/01/2026 120 vues

L’entrepreneuriat des jeunes prend de l’ampleur dans la capitale bamakoise. Makan Traoré fait partie de cette génération qui a choisi l’agriculture urbaine comme projet de vie. Depuis deux ans, ce jeune maraîcher cultive des légumes sur une parcelle familiale d’environ un hectare. Il incarne une jeunesse qui transforme les contraintes en opportunités.

Dans le quartier du Mali, à Bamako, Makan Traoré commence ses journées très tôt. Chaque matin, il arrose son potager, attentif à chaque plant. Sur près d’un hectare, il cultive tomates, laitues, piments et concombres. Pour lui, travailler la terre va bien au-delà d’une activité économique : « Cultiver la terre, c’est une histoire de famille », confie-t-il.

Un héritage familial devenu projet de vie
Dès son enfance, il accompagnait son grand-père au champ, sans imaginer que cette expérience deviendrait un jour le socle de son avenir.
Après l’obtention de son baccalauréat, son parcours prend une autre direction. Les lenteurs du système universitaire l’obligent à patienter longtemps avant une éventuelle inscription. Il tente ensuite d’intégrer l’Institut Polytechnique Rural de Katibougou (IPR/IFRA), dans la région de Koulikoro. Le déplacement avec son père pour déposer le dossier est éprouvant, mais l’issue est décevante : il n’est pas retenu.
Loin de se décourager, Makan persévère. Il s’inscrit à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FSEG), tout en recherchant une activité génératrice de revenus. Les retards de paiement de la bourse universitaire compliquent sa situation et renforcent sa détermination à se tourner vers l’agriculture.

Sans formation formelle en agronomie, il apprend sur le tas.

« Je n’ai pas reçu de formation particulière. J’ai fait mes propres recherches sur YouTube et sur Google concernant les plantes, et je me suis lancé », raconte-t-il.
Pour démarrer, il adopte une stratégie fondée sur la débrouillardise. En économisant progressivement de petites sommes et grâce à ses compétences en menuiserie, il fabrique lui-même certains outils, notamment un tamis pour améliorer la qualité du sol. Pendant plusieurs semaines, il consacre ses heures de repos à aménager la parcelle, creuser des tranchées et préparer la terre.
Ses premiers résultats sont encourageants. Sur une surface d’environ 210 m², une première culture de laitue lui permet de générer près de 80 000 F CFA après cinquante jours. Malgré des échecs initiaux, notamment avec les tomates et les oignons, il ne renonce pas. Il apprend de ses erreurs, ajuste ses pratiques et diversifie progressivement ses cultures.
Aujourd’hui, Makan exploite plus de 500 m² de manière régulière. En vendant certains matériaux issus du défrichage, il investit dans des équipements modernes : panneau solaire, pompe et batterie, facilitant l’irrigation et réduisant la pénibilité du travail. Ces innovations améliorent ses rendements et l’aident à mieux faire face aux contraintes climatiques.
Sur cette terre devenue source d’espoir, il développe progressivement une production diversifiée. Ses légumes approvisionnent désormais les marchés locaux de la capitale.

Produire malgré la chaleur et le manque d’eau
Le quotidien du jeune maraîcher reste marqué par de nombreux défis.
« Ici au Mali, le soleil est une grande difficulté. Les températures peuvent atteindre 40 degrés. Il y a aussi le problème de l’eau, surtout en mars, quand certains plants ont du mal à évoluer », explique-t-il.
Face à ces contraintes climatiques, la solidarité familiale constitue son principal soutien.
« Ma famille m’aide énormément. Quand mon oncle ne travaille pas, il vient nous aider, ainsi que mon grand frère. Toute la famille participe », raconte-t-il avec fierté.
Grâce à la vente de ses produits sur les marchés locaux, Makan parvient à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Plus qu’un métier, l’agriculture est devenue pour lui un véritable projet de vie.

À travers le parcours de Makan Traoré, l’agriculture urbaine apparaît comme une réponse concrète aux défis climatiques et sociaux du Mali. Une réalité souvent discrète, mais bien présente, qui se construit chaque jour au cœur de Bamako.
Tags
agriculture développement durable

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